La joie du présent, la tristesse des attentes

Petite pensée sur la joie enfantine…

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Un délire d’enfant illuminé

Il y a quelques jours, j’ai croisé une personne vraiment joyeuse, entière, bing, comme ça. Les bébés me font souvent cet effet mais c’est plus rare ça chez une personne adulte. Et là, ça m’a ému très fort. Cette joie qui rayonne, je l’ai reçue comme un cadeau en plein cœur. En quelques minutes et trois mots, j’ai vu que la joie, c’était possible, sans effort.

C’était beau comme les jeux d’enfants, comme l’odeur des bébés, comme une lumière d’orage. Tout à coup, j’avais une grande envie d’aller là, de redevenir comme ça. Aimer tout cru, aimer tout nu.

Si la vie est un lieu de disette, pauvre et insuffisant, il faut s’y battre pour obtenir des miettes. On agit tout pleins de besoins et on fabrique des attentes comme autant de prisons. On se sent pauvre et misérable, on essaie de “s’en sortir” et on attend le fruit de notre labeur. Mais ça ne vient pas, ça ne vient jamais vraiment: on ne peut pas “sortir” du monde et s’y baigner.

Pour lâcher la peur du manque, quitter la disette et s’en aller hors de la vallée de larmes et d’efforts, mon ami Henri m’a dit qu’il fallait s’aimer soi-même. Ça m’a énervé tellement ça semble simple et culcul. Mais comme je l’aime fort et qu’il dit des choses qui me touchent, je me suis assis face à un miroir et je me suis regardé pour de vrai. Longtemps, longtemps, un peu hypnotisé comme Cédric m’a appris. Et j’ai commencé de voir chez moi ce que je vois facilement chez les autres: un enfant un peu caché. J’ai vu la joie simple, l’espièglerie, l’envie de tout faire, d’être en vie, par curiosité. Tripoter des cailloux, danser, faire la sieste, créer un truc.

C’était très fort, ces retrouvailles. Cet enfant est comme la personne joyeuse dont je parlais: il est heureux d’être en vie, il reçoit ce cadeau que l’adulte en moi refuse. Le “présent” de la vie, mon adulte n’en veut pas parce qu’il n’est pas celui qu’il attend, qui va le rassurer, le combler, auquel il a droit.

Parfois je me souviens un peu et je me dis qu’il “faut vivre au présent, accepter, s’abandonner”. Mais c’est un regard d’adulte. Mon enfant me regarde alors incrédule et s’en retourne à sa joie illuminée de vivre un truc incroyable plongé dans la vie.

La joie, ce n’est pas être content (comblé, plein) ou heureux (l’heure joyeuse). La joie c’est tendre la main pour toucher le monde et sentir la caresse du vent.

❤️

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Entrepreneure, musicienne, codeuse, détails sur lilybucher.com

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