Enfantement et prosélytisme

Faire ou ne pas faire des enfants ne regarde personne !

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À chaque cœur ses couleurs…

Pourquoi faut-il que tout le monde se lance dans du prosélytisme ou des justifications dès qu’il s’agit de procréer ? C’est pénible pour tout le monde quel que soit le choix et je trouverais sain qu’on cesse ce faux débat.

Imaginez que je joue du piano. C’est ma passion, j’ai choisi cette instrument et je passe énormément de temps avec ce piano. Parfois c’est joyeux, parfois c’est dur mais dans mon cœur à moi, ça vibre. Il ne me viendrait jamais à l’esprit de vouloir que tout le monde joue du piano, tout au plus souhaiterais-je de temps en temps pouvoir dire à quel point ça m’enchante sans qu’on me crie dessus.

Débarque une personne qui ne joue pas du piano parce qu’elle a choisi de faire d’autres choses de sa vie. Et au lieu de me parler de ses passions et de ce qui allume son cœur, voici qu’elle m’explique à quel point ne pas jouer du piano et important, pour le monde, pour l’écologie, pour la santé des pianos, pour sa liberté, pour ses finances, etc, etc, ad nauseam.

J’ai beau être convaincu.e de mon amour pour le piano, je trouve ce prosélytisme blessant et injurieux.

Maintenant imaginez que je ne joue pas de piano parce que j’aime la flûte ou le sport ou la lecture. Je suis bien avec mes passions qui illuminent ma vie. Et voici que débarque une personne qui joue du piano et commence à me dire à quel point jouer du piano est important, vital, nécessaire. Elle ne me dit pas sa passion du piano, ses joies. Elle essaye de me convaincre que c’est la seule vie valable, utile, fondée et ce faisant dénigre ma vie.

J’ai beau être convaincu.e de l’amour que j’ai pour mes passions, je trouve ce prosélytisme blessant et injurieux.

Jouer ou ne pas jouer du piano ne devrait être qu’un choix du cœur. Si c’est pas un choix mais une chose accidentelle et forcée, c’est un tout autre débat.

Alors ne venez pas agresser les gens avec de la pseudo-science sur les vertus du jeu ou non jeu du piano et laissez-nous vivre un peu.

Ce qui m’attriste dans cette histoire c’est qu’il semble que tout le monde se mêle de cette question de la procréation. Comme pour les drogues, les choix allimentaires, les choix de couple, le lien aux parents ou les envies de participer à des groupes religieux, tout le monde a son “bon” mot à dire. Quel que soit l’orientation politique, écologique ou féministe, il semble qu’il y ait tout le temps des gens qui cherchent à agresser les autres pour leur imposer leurs choix de vie ou les justifier (ce qui revient au même).

Ce que j’aime chez les gens, c’est quand ils sont en paix avec leurs choix et cessent du coup de croire qu’ils doivent convaincre tout le monde de faire comme eux. J’aime fréquenter des personnes qui savent qu’ils ou elles ont choisi certaines choses pour leur vie, comme on choisi la couleur pour une toile et que ça n’a de sens qu’au sein de leur propre peinture. Du coup, ils peuvent me parler le cœur vibrant de cette création qu’est leur vie et ça m’allume et m’inspire même si la mienne est très différente.

Que l’on veuille ou non avoir des enfants est une couleur posée sur une peinture personnelle qui ne mérite ni arguments pour ni contre.

La vastitude des vies possibles est un cadeau et plus nous allons chacune et chacun vers nos singularités plus nous devenons de fabuleuses sources d’enseignement et d’inspiration justement parce que nous sommes différent.e.s… Alors n’essayons pas de nous rendre gris les un.e.s les autres et laissons-nous vivre un peu.

Merci

Aupa !

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Entrepreneure, musicienne, codeuse, détails sur lilybucher.com

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