Du plaisir des conjugaisons

Ou comment les conjugaisons peuvent donner du mystère et du suspense…

Image for post
Image for post
Verbes et phrases à l’endroit et à l’envers.

J’aimerais annoncer que j’ai tellement modifié la langue ces derniers temps que j’ai décidé de tenir un journal (en français) sur mon travail avec ce projet plutôt que de faire des leçons (qui finissent faussent parce que tout évolue rapidement en ce moment).

Ensuite, le lexique peut être consulté en ligne ici:

Et le détail détail de tout est ici où j’utilise les facilités d’un langage de programmation pour m’y retrouver, renommer les mots, et changer les exemples et essayant d’éviter de laisser trop d’incohérences, c’est ici: github.com/gaspard/keoda

Les verbes et leurs amis

Dingue…

J’avais commencé avec des phrases où l’emplacement des mots était important mais je réalise que ça enlève beaucoup de suspense et c’est étrangement compliqué à suivre…

Suspense, suspense

Si je dis “À Marie, tu vas caresser… les seins”, le suspense, est sur les seins. C’est cool 😁.

Mais si je veux mettre le suspense ailleurs, comme quand on dit “Tu vas caresser les seins de…. Marie 🎉.” C’est une autre fête, non ?

Ou alors on met le suspense sur le verbe “Les seins de Marie, tu vas… regarder 😲.”

Ou encore “Marie, ses seins, tu vas les… manger !”

Toutes ses formes ajoutent beaucoup de poésie et de lyrisme.

Mais si on construit une langue avec des mots qui doivent être dans un certain ordre, ça permet d’éviter les conjugaisons, ça simplifie les déterminants, mais on perd cette poésie et c’est dommage.

Avant, j’avais ceci:

{A} {S} {V} {O} = o i keli mun = {à moi} {tu} {lèches} {les seins}

Qui pouvait se simplifier en:

keli mun = {lèches} {les seins}

Parce qu’il y avait des valeurs par défaut pour l’adresse et le sujet. Par contre

i o keli mun = {à toi} {je} {lèche} {les seins}

Ne pouvait pas être simplifié. Il n’y avait pas de conjugaison mais c’était déjà étonnement compliqué à suivre avec les trucs par défaut, je crois pas qu’une langue fonctionne comme ça. On fonctionne par contexte, pas avec des valeurs par défaut “partout”.

Conjugaison

Et c’est là que je me suis dit, et si je collais le sujet au verbe (vu qu’il est déjà juste devant) ? Ce qui donne des conjugaisons (placées avant) ! Voici donc la table des conjugaisons pour masser “ma”:

1sp  on                    oma
2s tu ma
3s iel ama
1p nous tous présents shoma
2p vous shima
3p iels shama

Notez que le “on” (singulier-pluriel) remplace le “je”. Et puis j’avais envie qu’on puisse faire la différence entre “nous tous”, “quelques-un.e.s” ou “nous deux” parce que tout ça est très utile pour le triolisme et les orgies.

Bref, du coup on a aussi:

1s   je          pima
5p nous deux dema
6p quelques pema
7p tout.e.s kama

Et puis comme c’est important de pouvoir donner un ordre à une déesse/dieu ou à un.e dépravé.e (salope), nous avons:

2h   tu honorifique keima  =  caché en toi = dieu.e
2x tu dépravé.e yima = petit.e, minuscule

Ça peut sembler compliqué mais si on sait compter jusqu’à quatre, ça aide:

1. pi   une seule personne = je
2. de deux personnes
3. pe quelques personnes
4. ka toutes les personnes

Et puis les singuliers (on, iel, tu deviennent nous, iels, vous):

on   o  --> nous  sho
iel a --> iels sha
tu (i) --> vous shi

Ce que ça change

L’impératif ne change pas: keli mun (lèche mes seins).

On (qui est la forme utilisée à la place de “je”) devient: okeli mun (on lèche les seins, sous-entendu “à toi”) mais on peut préciser si on veut okeli munwu i (on lèche “les seins à toi”). wu veut dire “possédé.e par” donc “les seins possédés par toi”.

Mais on peut aussi dire “on se lèche les seins parmi”: okeli munwu o.

Ou encore “on se masse la verge (chacun.e la sienne)”: oma tajwu pi.

Mais comme cette langue aime bien agglutiner les gens et les mots munwu o ça devient munwuo. Pareil pour wu pi qui devient wupi (à moi tout.e seul.e), wude (à nous deux), wupe (à quelques un.e.s d’entre nous), wuka (à nous tous), etc.

En fait c’est beaucoup plus puissant et étrangement moins confus parce que le verbe est “coloré” par la personne qui agit et du coup on sait très vite qui fait quoi (ce qui est arrangeant quand même).

Et ça n’empêche pas de nommer le sujet:

Iris shu Anaïs shama tajwu pi = Iris et Anaïs massent ma verge à moi tout seul.

“Iris et Anaïs” sont le sujet. Le verbe ma devient ainsi shama (3p).

A Iris shu Anaïs oma mun      = À Iris et Anaïs, on masse les seins.
Oma munwu Iris shu Anaïs = On masse les seins d'Iris et Anaïs.

C’est chouette, non 😁 !?

Et puis après, il faut réfléchir aux questions, au passé, au futur. Voici ce que ça donne:

Futur

Pour signifier le future, on ajoute le suffixe lir, soit au sujet (du coup on masse la future personne) ou sur le verbe (on va masser).

Irislir mi djil       = À la future Iris, tu caresses les cheveux
Milir djilwu Iris = Tu vas caresser les cheveux d'Iris
Ami djilwui Irislir = (iel) caresse tes cheveux, la future Iris

Passé

Comme le futur, sauf que le préfixe est lem.

Irislem mi djil       = À l'Iris du passé, tu caresses les cheveux
Milem djilwu Iris = Tu a caressé les cheveux d'Iris

Peut-être, bientôt, demain, ce soir !

Quand même super important de pouvoir jouer avec le temps alors il fallait en faire un aspect de la langue. Pour pouvoir dire à une personne “tu vas me voir nu, bientôt, demain, ce soir, éventuellement”… Donc voici les conjugaisons du temps proche et lointain:

Futur éventuel        = lire     = improbable mais pas impossible
Futur lointain = liro
Futur proche = liru
Demain = lira
Ce soir = liri
--
Hier soir = lemi
Hier = lema
Passé proche = lemu
Passé lointain = lemo
Passé éventuel = leme = improbable mais pas impossible

Notez que “hier soir” et “ce soir” ça implique tout le temps entre maintenant et ce moment. Si on dit otajliri kepal, ça veut dire “je vais te sodomiser au plus tard ce soir” et otajlemi kepalwu Dada, ça veut dire “entre hier soir et maintenant, j’ai sodomisé Dada”.

Comme ça on peut dire otiolemi dodawui (hier soir, j’ai baisé ta grande sœur/ton grand frère). Comme doda n’a pas de genre et veut simplement dire la personne venue devant toi, si on veut préciser que c’est le frère et non la sœur, on devrait dire otiolemi dutodawui (toda est un diminutif de taj-oda, personne avec un pénis et du veut dire devant). Petite sœur, c’est noyoda, ta petite sœur, c’est noyodawui (no veut dire derrière).

On peut aussi dire tioliru (dans un futur proche, tu vas me baiser) ou alors tiolire (éventuellement, je sais pas, on verra, n’y compte pas trop tu vas me baiser) ce qui est beaucoup moins encourageant. Et bien-sûr pour les impatients: tio ! (baise-moi !).

Les temps lire et leme sont un moyen de ne rien dire. Tu as baisé ma copine ? Otioleme lae (quelque part dans le passé probable, je l’ai baisée), ce qui veut dire en vrai “ta question m’énerve et je dis n’importe quoi”.

Pareil pour: tu veux baiser avec moi ? Otiolire (quelque part dans un futur éventuel, je vais baiser avec toi), ce qui veut dire en vrai “ta question me gène et j’ose pas dire non”.

Interrogation

Pour poser une question on utilise le verbe ora (désirer) si c’est une envie ou simplement la notion de passé ou futur:

Iris ora mi mun ?     = à Iris, tu aimerais caresser les seins ?
Ora liu ? = Tu as faim ?

Mais on peut aussi changer le sujet:

Iris ahora mi munwui ? = Iris, elle aime/désire caresser tes seins ?

Notez la conjugaison (a-(h)-ora) (3s).

Pour les autres interrogations, on commence la phrase par une des terminaisons pour les temps du passé ou du futur comme lemi, leme, etc.

PS: On prononce toutes les voyelles, y compris le e final qui sonne comme dans “jet” (entre [e] et [ɘ])

Leme liu ?            = Tu as mangé ?
Lemi liu ? = Tu as mangé depuis hier soir ?
Leme liu tajwu Paul ?
= Tu as mangé la verge de Paul ?
Lire taj yonwu Sara ? = Tu vas pénétrer la vulve de Sara ?

Problèmes

Pour les situations où un verbe commence par la même voyelle, on insère un “h”:

Ohora mi mun ?         = Est-ce qu'on aime caresser les seins ?
Ahau mi mun. = Iel aime caresser les seins.

Au c’est le “cœur” d’où le verbe “aimer”. Du coup on dit ahau et non aau.

Et comme nos cerveaux sont fous et nos bouches capricieuses, on peut aussi ajouter le “h” si on veut chaque fois que la conjugaison assemble deux voyelles:

shahora                = iels désirent
ohau = on aime
pihodu = je viens
shohau = nous aimons
shihau = vous aimez

(et moi faut que je m’assure que je n’ai pas de confusions avec les verbes conjugués… Je vais peut-être devoir faire un auto-conjugueur qui repère les conflits).

Conclusion

Tout ça est bien délirant et semble compliqué si il faut l’apprendre en le lisant juste là, mais ce n’est pas le cas. Comme toutes les langues, Keoda s’apprend en l’utilisant sauf qu’ici, la règle que le cerveau va deviner à force d’usages, elle est simple et stable et c’est là l’intérêt de ce travail de clarification: ça rend la langue plus facile à apprendre et moins confuse.

Et puis il suffit de connaître quelques mots et on peut facilement jouer.

Voilà pour le chapitre sur les verbes et les conjugaisons.

Written by

Entrepreneure, musicienne, codeuse, détails sur lilybucher.com

Get the Medium app

A button that says 'Download on the App Store', and if clicked it will lead you to the iOS App store
A button that says 'Get it on, Google Play', and if clicked it will lead you to the Google Play store