Deux nouveaux mots…

Image for post
Image for post
Doit-on vraiment aller quelque part ?

Depuis l’apparition du mot “gu” (obscurité, gestation, profondeur), qui représente le sombre dans son côté “maternel”, “qui accouche du monde”, depuis ce mot fascinant, il m’est venu deux nouveaux mots.

Tout d’abord augu, aimer (au) le sombre (gu). Ce mot, signifie confiance parce que la confiance, ce n’est pas croire que tout ira mieux, c’est comprendre que tout est en mouvement vers l’éveil, toujours, que tout est à vivre comme un présent, même ce qui semble sombre et fait peur. Aimer le sombre, ce n’est pas se complaire dans l’agitation en semant la zizanie, c’est une attitude face à nos sensations et émotions, une manière d’aimer comme un don: donner son amour à tout, comme ça, parce que c’est incroyable.

Ce mot augu possède un opposé qui est negu, souhaiter qu’il n’y ait pas de sombre, souhaiter un monde parfait, lisse, sans souffrance (et au final, sans vie). Negu, ça veut dire agitation.

Je suis en train de créer une “échelle du néant”, de 1 à 10 qui représente différentes manières d’être au monde. Dans cette échelle, de 1 à 5, on est dans la survie et la peur et de 6 à 10 dans l’amour. Ce qui est intéressant c’est le 6, que j’appelle le lieu des croyances et où on continue avec les habitudes acquises aux échelons 1–5 (faire) pour essayer d’être (mieux, plus pur, plus discipliné.e, plus je-sais-pas-quoi). Je pense que negu, c’est le jouet du 6 et c’est un truc qui éloigne de la fierté d’être soi, unique, incroyable 7. On veut changer le monde ou se changer, tout ça parce qu’on entend pas encore l’amour au fond du sombre, on entend pas encore la caresse de l’infini dans nos émotions, la joie de vivre, la gratitude aupa (aimer tout).

Si on aime negu, c’est bien de rester en lien avec la thérapie, guérir, grandir, trouver l’éveil et tout ça, mais si on en est fatigué.e et bien c’est assez simple, il suffit d’écouter jusqu’au moment où on reconnaît l’humour cosmique et l’amour profond qui nous chatouille, nous berce et nous illumine. Reconnaître que quoi que l’on fasse, on s’éveil comme une plante ne peut s’empêcher de pousser, comme un arbre ne peut s’empêcher d’étendre ses branches et de rayonner ce qu’il est. L’univers entier s’éveil depuis toujours. On est cet univers tout comme notre pied est nous alors on peut aussi aimer ce qui nous bouge, nous pousse à grandir, la sève, le soleil, la pluie.

Et ce n’est pas parce que tout est à aimer que la souffrance n’existe pas, que la douleur n’est pas là et qu’elle ne touche pas. Au contraire, ces émotions existent et peuvent être très puissantes. Aimer le sombre développe la compassion et l’empathie parce que ça fait écouter le sombre, la douleur et qu’on sent ce que les autres vivent. Negu au contraire engendre le jugement de soi (je ne suis pas assez bien) et des autres (ils ne sont pas à la hauteur). Ça rend froid parce qu’on ne veut pas ressentir nos émotions et encore moins celles des autres.

Quand les sensations et émotions sont fortes, les aimer, les écouter n’est pas une tâche facile. Quand on voit une personne qui écoute, c’est très émouvant, on sent son courage (agupeu: écouter la peur) et avec elle, on peut tendre l’oreille et écouter. On est fiers des gens qui osent écouter, ému.e.s et vivant.e.s en leur présence.

Souvent, on fait des allers-retour entre augu et negu. Parfois, quand c’est très très fort, on lutte et puis on lâche prise en tremblant au sol et là, dans ce rien étrange, tout au fond, on se retrouve avec un rebond joyeux dingue, une envie de rire avec un amour fou, démoniaque, allumé. Tout au fond, on touche au mystère et sa secousse est puissante.

Je ne sais pas encore pourquoi il est si difficile de lâcher negu (agitation) pour augu (confiance) puis aupa (gratitude). Je ne sais pas. Peut-être parce qu’on a besoin de temps pour devenir soi-même ? Peut-être parce que la lutte révèle ? Peut-être parce que dès qu’on dépasse 6, les émotions deviennent très fortes et que si on ne sent pas l’amour derrière ces vagues immenses, on prend peur alors il faut apprivoiser un peu ? Lutter contre le sombre, ça nous permet peut-être d’y toucher sans s’y perdre et ça prépare pour la suite ?

Étrange en tout cas, cet endroit, shipa (croire), le 6ème échelon.

Get the Medium app

A button that says 'Download on the App Store', and if clicked it will lead you to the iOS App store
A button that says 'Get it on, Google Play', and if clicked it will lead you to the Google Play store